Traverser Paris : ce qui va vraiment plus vite, selon l’heure
Métro, marche, vélo, taxi. Le bon choix change quatre fois dans la journée — et il n’est presque jamais celui qu’on croit.
Paris intra-muros tient dans un cercle d’une dizaine de kilomètres. C’est une donnée qu’on oublie et qui change tout : la plupart des trajets que vous ferez pendant un séjour font moins de trois kilomètres, c’est-à-dire trente-cinq minutes à pied. Sur cette distance, le métro ne vous fait gagner que la différence entre marcher et attendre.
Le calcul honnête pour un trajet en métro, ce n’est pas la durée annoncée entre deux stations. C’est : rejoindre la station, descendre, attendre la rame, éventuellement changer, remonter, rejoindre l’adresse. Comptez six à huit minutes de frais fixes, avant même de bouger. En dessous de deux stations, marcher est presque toujours plus rapide, et infiniment plus agréable.
Le métro reprend l’avantage au-delà de trois ou quatre stations, et il l’écrase aux heures où la voirie sature — entre huit et dix heures, puis entre dix-sept et vingt heures. À ces moments-là, un taxi met deux à trois fois plus de temps qu’une rame, pour dix fois le prix. Le seul cas où la voiture reste imbattable est le trajet avec des bagages, ou tard le soir quand le métro s’espace.
Le vélo occupe la place intermédiaire, et il a beaucoup gagné ces dernières années : les pistes protégées relient désormais la plupart des grands axes. Il est excellent le long de la Seine et sur les boulevards équipés, nettement moins dans les rues étroites du centre, où l’on passe son temps à mettre pied à terre. Si vous n’avez jamais roulé à Paris, commencez par un trajet le long du fleuve un dimanche matin plutôt qu’un mardi à dix-huit heures.
Une remarque sur les correspondances, qui sont le vrai coût caché du métro parisien. Certaines stations d’échange demandent cinq à sept minutes de marche souterraine, escaliers compris. Un trajet annoncé en dix-huit minutes avec deux changements en prend souvent vingt-cinq. À durée égale sur l’écran, préférez systématiquement l’itinéraire avec un changement de moins, même s’il paraît plus long.
Le soir, les fréquences s’espacent après vingt-deux heures et le dernier passage se situe autour d’une heure du matin, un peu plus tard le week-end. Ce n’est pas un problème si vous rentrez à pied depuis un quartier voisin ; c’en est un si vous êtes à l’autre bout de la ville. Repérez la distance à pied depuis votre lieu de dîner avant de commander un dernier verre.
Le bus est l’option la plus sous-estimée de Paris, et c’est dommage. Il est lent aux heures de pointe, mais il a deux qualités que le métro n’aura jamais : on voit la ville, et on ne descend pas sous terre — ce qui compte avec une valise, une poussette ou des genoux fatigués. Plusieurs lignes traversent le centre en passant devant l’essentiel, pour le prix d’un ticket ordinaire. En milieu de journée, hors des pointes, un bus met souvent le même temps qu’un métro avec correspondance, en beaucoup plus agréable.
Un dernier point, sur les applications d’itinéraire. Elles calculent bien les horaires et mal la fatigue : elles proposent volontiers trois changements pour gagner quatre minutes, et ignorent qu’un couloir de correspondance fait deux cents mètres. Prenez l’habitude de regarder l’itinéraire proposé sur un plan avant de le suivre : il arrive souvent qu’un trajet direct un peu plus long soit la bien meilleure décision.
Nous indiquons dans chaque appartement les stations utiles à moins de cinq minutes, avec le temps de marche réel — pas celui d’un plan, celui qu’on met vraiment, poussette ou valise comprises. Et le trajet à pied jusqu’aux deux ou trois endroits où vous irez sûrement, parce que c’est souvent celui-là qu’on cherche en sortant.
Une question sur ce sujet pendant votre séjour ? Nous répondons avant votre arrivée.
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